La mer déborde d’énergie, visible (vent, vagues, courants côtiers…) ou moins visible (chaleur, courants au large…). L’essentiel de cette énergie provient directement ou indirectement du rayonnement solaire, une petite partie de l’énergie des astres (Lune, Soleil) et du rayonnement interne de la Terre (géothermie).

L’Océan est le plus grand capteur solaire du monde.

A travers une myriade de processus, la part de cette énergie qui n’est pas renvoyée vers l’espace est stockée, au moins temporairement dans l’océan, où elle est disponible sous de multiples formes: vent, chaleur, courants, houle et vagues, gradients de salinité…

Interview Paris Energie Hydrolienne – 2017

En Février 2017, nous participions à la première édition de Paris Energie Hydrolienne, une immersion dans le monde des Energies Marines Renouvelables et plus spécifiquement de l’hydrolien. Entre espoirs et réalités.

Notre vision

Le potentiel des énergies marines est considérable, en particulier dès que l’on prend en compte les zones du large et les ressources associées (énergie thermique en zones intertropicales, vent y compris dans la haute atmosphère, courants thermohalins…). Leur exploitation demandera des développements technologiques, mais aussi et peut-être surtout des évolutions systémiques, concernant:

  • la gouvernance de la mer et des ressources énergétiques offshore, et la régulation de leur exploitation;
  • la prise en compte des effets et impacts systémiques (sur l’environnement, sur les activités maritimes comme le transport ou la pêche);
  • la recherche de synergies pour l’exploitation des ressources marines du large (plates-formes multiusages…);
  • l’intégration dans le système énergétique futur: si l’utilisation du vecteur “électricité” et la connexion directe aux réseaux électriques continentaux peut permettre d’accueillir une production assez l’imitée et au voisinage des côtes, le développement à grande échelle des énergies marines nécessitera de repenser cette approche: conversion (par exemple en gaz, hydrogène et composés carbonés et azotés; stockage au large, transport à très longue distance de l’énergie produite au milieu des océans).

L’exploitation des EMR

Les EMR peuvent être exploitées grâce à de très nombreuses technologies, à des niveaux divers de développement: depuis l’éolien “posé” (parcs d’éoliennes dans des profondeurs de quelques dizaines de mètres), déjà parfaitement opérationnel, jusqu’à l’énergie osmotique (qui exploite l’énergie latente liée aux différences de salinité entre eau douce et eau salée), dont il n’existe qu’un prototype d’usine, en passant par l’énergie thermique des mers qui suffirait à alimenter l’humanité mais qui peine à atteindre le niveau industriel.

Mais indépendamment des technologies, l’exploitation des EMR dépend de nombreux autres paramètres liés à l’océan lui-même (ressources disponibles, potentiel techniquement et économiquement exploitable, environnement et écosystèmes) mais aussi à ses usagers (pêcheurs, navigateurs) et ses riverains.

Parcs EMR – Interactions

Au-delà des questions techniques et technologiques, les parcs de production d’énergie marine posent des problèmes potentiels d’intégration:

  • intégration dans l’environnement marin et littoral
  • intégration dans l’environnement socio-économique (concurrence pour l’espace ou les ressources, répartition des bénéfices…)
  • intégration dans le système énergétique: le potentiel des EMR est très important, et elles pourraient virtuellement satisfaire 100% des besoins énergétiques dans de nombreuses régions littorales; mais ceci suppose une adaptation autant du côté de la production (comment produire ce dont le système a besoin: quel vecteur, quand et où?) que du système énergétique (réseaux d’électricité, de gaz et de chaleur, stockage, pilotage du système…)

Nos domaines d’intervention

Nous assistons les maîtres d’ouvrage de projets et les responsables de stratégie dans l’intégration maritime et littorale des EMR.

Nos interventions couvrent notamment:

  • L’analyse des ressources et des potentiels: il s’agit d’évaluer les ressources énergétiques d’une zone maritime et les potentiels associés (aujourd’hui, ou demain en fonction des développements technologiques) en vue de développer des stratégies, plans et programmes, ou d’identifier des sites favorables au développement de projets;
  • L’intégration environnementale (intégration dans les écosystèmes marins, compatibilité avec les politiques et réglementations environnementales, notamment européennes), que ce soit au niveau stratégique (évaluation stratégique, “EIS”) pour analyser la ou au niveau des projets (étude d’impact) pour identifier;
  • l’intégration sociale ou sociétale : au-delà de “l’acceptabilité”, il s’agit d’analyser les enjeux pour chacun des acteurs existants ou futurs, et de les prendre en compte dans une approche complètement intégrée;
  • enfin, l’intégration énergétique : les EMR doivent s’intégrer dans un système énergétique existant, où il ne leur est par toujours facile de s’intégrer, pour des raisons d’offre et de demande, de transport, de réseau, de vecteur énergétique.

Quelques exemples de nos interventions

  • Evaluation du potentiel technico-économique des EMR dans une région littorale : assistance à maîtrise d’ouvrage (collectivité) pour l’élaboration du cahier des charges de la consultation, la sélection des prestataires, le suivi de l’étude, et réalisation de la synthèse à l’usage des décideurs (éolien fixe et flottant, chaleur, courant, houle et vagues);
  • Assistance à l’élaboration des spécifications de la gestion des risques maritimes pour des parcs éoliens posés (sécurité maritime, engins explosifs…) au bénéfice d’un opérateur éolien offshore (éolien posé et flottant).
  • Analyse approfondie des activités maritimes dans la zone de projets de parc EMR (éolien posé et flottant, hydrolien) : à partir des données de surveillance maritime, analyse qualitative et quantitative des activités maritimes existantes en vue de la gestion des risques et des conflits potentiels;
  • Elaboration de scénarios stratégiques pour le développement de l’exploitation de l’énergie thermique des mers (zone insulaire tropicale).

La suite des interventions au forum Paris Energie Hydrolienne avec cette playlist :

Pour en savoir plus: